Organisateur : AfroSkills
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Un certain nombre de maladies transmissibles peuvent constituer des menaces sanitaires importantes au niveau local, régional et mondial et entraîner des épidémies ou des pandémies. Les épidémies sont une augmentation inattendue, souvent soudaine, d'une maladie spécifique dans une communauté ou une région. On parle de pandémie lorsqu'une épidémie survient dans le monde entier, traverse les frontières internationales et touche un grand nombre de personnes. Les épidémies n’ont pas attendu la mondialisation ni la crise du coronavirus pour s’étendre à l’ensemble du globe. Dès l’Antiquité, les maladies ont décimé des populations entières en l’espace de quelques mois voire quelques jours, déclenchant la terreur des habitants face à un mal inconnu.
Première pandémie documentée de l'histoire, la peste d'Athènes est venue d’Ethiopie pour arriver en Grèce en passant par l’Egypte et la Lybie, décimant plus de 200,000 personnes à Athènes entre -430 à -426 avant JC, marquant ainsi le début du déclin de cette grande ville . Puis surviennent la peste d’Antonine entre l’an 165 à 166, la peste noire (1347-1352), la grippe espagnole (1918-1919), le choléra (1926-1832), la grippe asiatique (1956-1957), la fièvre jaune (au 16eme siècle) et le sida (1981-aujourd’hui). La fièvre jaune et sida perdurent et continuent de faire des ravages. A cote d’eux, d’autres maladies infectieuses émergent de temps en temps et sont d'actualité et plus mises au-devant de la scène. Un des exemples est la pandémie du Covid-19 et son nombre important de décès documentés.
Ces pandémies bénéficient des mesures prises à l’échelle mondiale avec des ripostes diverses. Elles sont généralement prévenues et atténuées par une série de mesures au niveau des ménages et des communautés, parmi lesquelles une bonne hygiène, la distanciation sociale et la vaccination.
En Afrique, de nombreux pays, du fait de leurs climats tropicaux et la fragilité de leurs infrastructures médicales, connaissent des épisodes épidémiques régulières. Les épidémies de paludisme, rougeole ou choléra sont les plus meurtrières. Entre autres, les épidémies d’Ebola et de variole du singe (MPox) font constamment irruption présageant d’un risque permanent de réapparition. Cette situation sanitaire délicate est souvent aggravée par des pandémies épisodiques parmi lesquelles le covid-19. Force est de savoir que les spécialistes du continent savent y apporter et adapter des réponses. Ces réponses bien plus nombreuses et plus efficaces que documentées, proviennent de la médecine naturelle Africaine, souvent dénommée médecine traditionnelle ou médecine alternative. Nous partons du fait que à l’endroit où le mal fait irruption se trouve aussi très probablement son médicament dans un équilibre écosystémique non-perturbé. Dans cette perspective, des solutions efficaces sont fréquemment utilisées en Afrique surtout dans les zones rurales avec une couverture sanitaire publique faible ou inexistante. Pour le cas du paludisme, une dizaine de plantes parmi lesquelles Azadirachta indica (Neem), Entada africana et Entada sudanica, l’Artemisia annua (Armoise) et le kinkéliba sont fréquemment utilisées. Et certaines plantes sont aussi utiles pour repousser les moustiques responsables de la transmission du paludisme, on y compte la citronnelle, le neem, le basilic, la lavande et l’eucalyptus.
Plus récemment et très remarquablement, face à la pandémie du COVID-19 la médicine naturelle a proposé des solutions dans plusieurs pays Africains. En l’occurrence à Madagascar avec le Covid Organic, au Gabon avec Fragaricine et au Cameroun avec le « Ngul Me Tara » et la potion du Monseigneur Kleda, archevêque de Douala. Ces solutions ont contribué à atténuer l’effet dévastateur du covid-19 prédit en Afrique par la plupart des analystes des questions de santé hors du continent. Par-là, la médecine naturelle Africaine a encore démontré qu’elle est un pilier de la résilience des pays Africains, face aux épidémies et pandémies sur le continent et pourrait transcender les frontières pour aussi servir en Europe, en Amérique et en Asie.
Fort de ce constat, il est facile de déduire que plusieurs épidémies et pandémies en Afrique ont souvent des solutions endogènes. Celles-ci sont peu documentées et pas standardisées, du fait qu’elles ne suivent très souvent pas la démarche scientifique conventionnelle pour aboutir à des protocoles contextualisés et réplicables pour des malades dans le même conditions (ayant les mêmes paramètres et les mêmes contextes). D’où l’assertion, nous citons : « L'efficacité de ces "remèdes" à base de plantes n'est pas prouvée ; la pharmacopée pose ainsi le débat sur les remèdes traditionnels dans l'espace public». Le problème est que malgré les prouesses et l’efficacité des traitements de la médecine traditionnelle sur le terrain et leurs bienfaits reconnus, L’OMS insiste que des essais devraient être réalisés pour évaluer l’efficacité de ces traitements et déterminer les effets indésirables des médicaments proposés . Ce qui est aussi reconnu par la fondation Friedrich Ebert qui, à la suite des études dans ce domaine insiste sur la possibilité d’utiliser les nombreux résultats sur les plantes africaines pour mettre au point des médicaments pour le traitement des infections virales. Dans la lutte contre le Covid-19, en partenariat avec la Fédération Malienne des Associations des Thérapeutes Traditionnels et Herboristes, la fondation a mené des activités d’information, de sensibilisation, de communication, et de renforcement de capacités des naturopathes sur les systèmes conventionnels . Ceci réconforte le constat de l’OMS qui note que certains pays disposent de protocoles de prise en charge du paludisme basés sur des remèdes traditionnels efficaces et faisant suite à un suivi des résultats et une documentation rigoureuse des cas et des protocoles utilisés . La fondation insiste aussi sur le rôle des naturopathes ou tradipraticiens dans la prévention des maladies, notant qu’ils sont les premiers agents de santé au niveau de la communauté et en même temps des leaders écoutés et respectés.
Au regard du potentiel de la médecine naturelle Africaine pour la maitrise des épidémies et pandémies et des défis qu’elle rencontre pour se mobiliser, il devient impératif de créer une plus large synergie entre les acteurs, les régulateurs et toutes les parties-prenantes de ce sous-secteur de la santé et surtout de renforcer les passerelles de collaboration entre les parties-prenantes de la médecine naturelle et celles de la médicine moderne dite conventionnelle en Afrique. A cet effet, AfroSkills dans son élan de transformation de l’Afrique avec le savoir, mobilise toutes les parties prenantes de la question pour identifier les défis et les opportunités, et travailler ensemble pour surmonter ces défis et saisir toutes les opportunités pour accroitre l’acceptation et l’offre de la médecine naturelle Africaine en Afrique et à travers le monde. C’est dans ce contexte que nous organisons ce webinaire, qui est le troisième d’une série sur l’apport de la médecine naturelle Africaine dans l’amélioration de l’offre et l’accès aux soins de santé de qualité sur le continent et à travers le monde. Il vise particulièrement à édifier sur la question des épidémies et des pandémies et discuter de l’apport de la médicine naturelle Africaine dans la lutte contre ces épidémies et ces pandémies.
Discuter épidémies et des pandémies en Afrique et proposer des mécanismes pour une meilleure adoption des solutions de la médicine naturelle Africaine par les gouvernants et les populations et les autres parties-prenantes.